Au Burkina Faso, dans la ville de Bobo Dioulasso, Dramane Diarra, peintre et paysan produit des morceaux de terre suspendus, des cotons constellés d’Argile-Afrique.
Paysan, il se forme à l'agroécologie, bien plus qu'une pratique agricole, une éthique de vie.

Mes toiles : le Bogolan

Mes influences viennent des traditions décoratives du Bogolan de l'antiquité et des signes symboliques utilisés autrefois par les Bambaras, les Dogons et les Bozos. J'utilise aussi des techniques plus contemporaines comme l'acrylique.

 Bogolan vient du bambara "Bogo = terre – argile" et "Lan = à base de – à partir de - avec …" Bogolan = Avec la terre.

Ce mot  désigne à la fois un tissu fort en coton et un style de teinture  inventé par les femmes de l'ancien royaume Mandé (12e-13e siècle). Il est réalisé aujourd'hui au Mali, au Burkina Faso et en Guinée.
C'est un art typiquement manuel, utilisant des produits naturels. Il est issu de la rencontre de l'argile, de la forêt (racines, feuilles, encre) et du coton
Les femmes imprégnaient sur du tissu coton, des symboles pour exprimer leur discours d’amitié, d’amour, de joie ou de mécontentement, de respect, d’appartenance à une  famille ou un clan,….Les signes, la composition générale devenaient alors écriture..Des chasseurs commandaient des motifs de leur proie de victoire ou de leur animal totem.
Le tissu Bogolan porte en lui la joie, la convivialité et l'amour qui entourent sa réalisation. Il est réalisé avec une calligraphie basée sur des symboles.
Jusqu’au milieu du vingtième siècle, le bogolan est resté entre les mains des initiés aux secrets de cette tradition, puis il a connu un développement soudain..Les artisans se sont multipliés et les thèmes traditionnels oubliés ou mal connus. Vers les trois quart du vingtième siècle, un autre style a émergé valorisant le coté artistique du bogolan qui jusque là était considéré comme de l’artisanat..
Dramane Diarra fait partie de cette mouvance artistique. Il puise dans le secret des signes et de son imagination pour composer ses toiles. Entre ses mains, la modernité s'allie à la tradition mandingue.

 En des temps très ancien, une femme se rendit au fleuve pour y puiser de l’eau. Elle était coquettement vêtue d'un pagne teint au N'galama, une teinture à base de feuilles de bouleau. Le pagne fut malencontreusement éclaboussé par la boue du fleuve. La femme tenta d’effacer la tâche, mais elle eut beau frotter, gratter et frotter encore, la tâche était indélébile.
La technique du bogolan était née.

 L'impression d'un Bogolan nécessite plusieurs étapes. La cotonnade blanche tissée est plongée dans une teinture végétale, le plus fréquemment, une décoction de N'galama afin de donner une coloration de base et de permettre par réaction chimique la fixation des autres couleurs.
Le tissu est ensuite exposé au soleil, l'action de ses rayons renforce la teinte jaune obtenue par ce premier bain de trempage. Le support est prêt à recevoir le dessin.
Les motifs sont tracés à l'argile. Après séchage de l'étoffe au soleil, celle-ci est soigneusement lavée afin d'enlever l'excédent de boue.. Le dessin apparaît alors en noir sur un fond ocre jaune. La réaction chimique entre la boue et la décoction  rend la teinte noire indélébile.
Le lavage, le séchage et certaines plantes particpent à fixer les couleurs . Il est possible de  jouer sur leur intensité en rinçant plus ou moins le tissu avant de le laisser sécher au soleil.

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